Sènami DONOUMASSOU Villa Saint-Louis Ndar

Sènami DONOUMASSOU

Le mythe et rites de passage, aux origines de l’être dans la société
En résidence en mars 2024
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Sènami Donoumassou est une artiste visuelle béninoise qui, après ses études à l’École nationale d’administration et de Magistrature du Bénin, se consacre à la pratique artistique et obtient une bourse de résidence au Fresnoy en 2018. Grâce à cette résidence, elle élargit sa pratique en explorant le photogramme sous tous ses aspects. Elle présente ainsi sa première exposition monographique Chimie des traces à Institut Français de Cotonou en 2019. Elle affirme dès ce premier solo show son intérêt pour les interactions entre les humains et la complexité de ces relations. Une complexité qu’elle approfondit en 2022 avec l’exposition Xógbé à Le Centre à Abomey-Calavi. Elle y propose une série d’œuvres qui donnent corps, plastiquement, à ce qui n’est pas matière dans l’interpersonnalité qui fonde les sociétés humaines. Elle se focalise sur l’héritage social immatériel, spécifiquement sur les panégyriques familiaux, les proverbes et récits. Dans la même année, pour son travail saisissant qui se situe à la croisée de la photographie et des arts visuels, Sènami remporte la toute première édition du Prix James Barnor qui valorise et visibilise le travail de photographes africains. Autant d’icônes, de motifs, de symboles et de figures émanant des traditions animistes traversent ses œuvres. Usant de photos, d’archives, de matières, elle crée des images qu’elle dessine à la lumière sur du papier photo-argentique. Les notions d’identité et d’héritage se confirment alors en soubassement de l’ensemble de ses réalisations artistiques.

À la Villa Saint-Louis Ndar, elle propose Le mythe et rites de passage, aux origines de l’être dans la société qui part du constat que dans la majorité des sociétés traditionnelles africaines, l’évolution et l’intégration de l’individu passent par des rites et cérémonies de passage. Ces rites devenus tradition au fil des siècles ont des origines qui remontent dans un passé lointain voire cosmogonique ; à l’image des mythes qui font toujours référence à cet espace-temps lointain enfoui dans la mémoire des humains. Des mythes découlent des philosophies des peuples, leurs rites, et traditions. Ils plongent les peuples dans la création, dans le sens et le symbolisme de ce qui est et apporte une réponse aux traditions et aux rites. Avec ce projet, elle travaille sur les rites et cérémonies de passage à travers la mémoire. Ces rites même aujourd’hui oubliés en disent long sur la place de chaque être humain dans la communauté. De ces rites, sont nés des traditions, des gestes répétitifs, des habitudes qui sont et restent jusqu’à aujourd’hui malgré la modernisation de nos cultures et la disparition progressive des rites de passage. Saint-Louis est une ville avec un passé historique fort. Ayant joué un rôle phare dans la colonisation, elle a été un hub dans le croisement des cultures. Elle fait partie des tout premiers espaces géographiques africains où la modernité s’est imposée à travers la colonisation. Cette superposition des temps passés, des traditions africaines et de l’injonction d’une modernité frénétique font de Saint-Louis Ndar un réceptacle de ce projet de recherche sur le sens premier des rites de passage à travers le questionnement de la mémoire orale que représente le mythe. Ajouter à cela, l’héritage photographique de la ville de Saint-Louis, le cadre de la villa, la bibliothèque, les espaces de recherches et de création de l’institut français, le Centre de Recherche et de Documentation du Sénégal (CDRS) fournissent autant de ressources et de matière pour la réalisation de ce projet.

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