Natacha Steck est une metteure en scène, dramaturge et comédienne française. Formée au Conservatoire de Bobigny puis au Studio d’Asnières, elle joue sous la direction de René Loyon, Yann Berlier, Nicolas Bigards… Elle reprend ensuite des études de mise en scène et dramaturgie à l’Université Paris X – Nanterre et obtient son diplôme en 2017. Elle fonde en 2016 à Strasbourg la compagnie de théâtre «You’ll Never Walk Alone». Ce nom est emprunté à une chanson issue d’une comédie musicale américaine, reprise et popularisée par le groupe britannique Gerry & The Pacemakers dans les années 60. Le chant est porté dans les stades par des supporters d’équipe comme Liverpool, pour encourager leur équipe, et de nombreux artistes s’en emparent, comme Elvis Presley, Nina Simone, Renee Fleming lors de l’investiture de Barack Obama, ou encore par Barbra Streisand en hommage aux victimes du 11 septembre. Cette chanson est pour Natacha Steck le point de départ et la ligne de conduite de la compagnie, c’est-à-dire le désir de construire ensemble et de penser le monde comme une expérience collective. « You’ll Never Walk Alone », tu ne marcheras jamais seul. En créant cette compagnie, elle invite à une aventure qui s’écrit à plusieurs avec des créations construites en aller-retour entre un travail d’écriture solitaire et un travail de recherche et d’écriture collectif au plateau. Des collaborateurs de différents horizons sont également conviés à ces moments de co-construction qui convoquent des champs et domaines différents pour alimenter et mettre en question une méthode de travail propre à chaque projet et développer des écritures plurielles. Il en résulte des spectacles spontanément pluridisciplinaires, puisant volontiers leurs références dans les cultures populaires. Cette notion de culture populaire, au sens large, intéresse particulièrement Natacha Steck dans le sens où elle est constituée d’éléments très identifiables par un grand nombre de personnes et elle possède le pouvoir de créer du lien entre des individualités a priori divergentes. Ainsi en 2019, elle écrit et crée le spectacle « FRANCE », autour de l’épopée de l’équipe de France de football en 1998, lauréat de la bourse Beaumarchais-SACD, et fin 2023, « Un jour, j’irai à Tokyo avec toi ! », un manga théâtra qui propose de plonger dans l’histoire de l’arrivée du manga en France des années 70 à aujourd’hui à travers l’aventure d’un groupe de héros d’hier et d’aujourd’hui, d’Albator à One Piece en passant par Dragon Ball ou Miyazaki. Ce dernier spectacle s’inscrit dans un travail de recherche mené depuis 2022 avec le théâtre La Coupole, situé dans la ville alsacienne de Saint-Louis, en France, autour des rêves de jeunesses et du pouvoir de l’imagination.
Riche du travail mené en France depuis 2022, Natacha Steck arrive avec un projet d’écriture théâtrale de fiction sur les jeunesses d’une ville nommée Saint-Louis. Est-ce une ville française, une ville africaine ou une ville américaine ? Saint-Louis est une ville symbole, symbole de jeunesses d’hier et d’aujourd’hui en quête d’horizons pour dessiner un avenir. Travail documenté et sensible avant de se transformer en fiction, Natacha Steck souhaite étudier la ville de Saint-Louis du Sénégal, de la même manière qu’elle étudie son homonyme français, à travers notamment des rencontres et récoltes des rêves de lycéens ou encore un travail autour d’une île imaginaire inventée avec une classe de CM1/CM2. En parallèle, en France, un artiste associé de la compagnie, Hugo Seksig, expérimentera avec un groupe de lycéens français de premières ébauches. Plus tard, viendra un temps d’écriture et de mise en dialogue avec les récits français, pour aboutir à une œuvre qui puisse se raconter dans les deux pays. Ce projet s’intéresse donc aux jeunesses plurielles, il les sonde pour en révéler les singularités. Cela passe par des rencontres, une ouverture à l’autre et à l’ailleurs, et une réelle volonté de rêver ensemble. Ouvrir l’horizon des possibles et créer un élan d’espoir dans un présent incertain et complexe est l’objectif moteur du projet. Les jeunes sont à la fois le sujet de la recherche et aussi le vecteur des liens à tisser avec les habitants de ce territoire.




