Jean Pierre Léonard Charles Villa Ndar

Jean Pierre Léonard CHARLES

Âmes Infernales
En résidence en septembre 2024
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Né à Port-au-Prince, Jean Pierre Léonard Charles est un étudiant en sociologie. Il est également passionné de littérature, mais surtout de poésie et de critique littéraire. Dès son jeune âge, il est happé par ce continuel questionnement sur la société et l’humain que certains écrivains, à l’instar de Dostoïevski, se fixent comme projet d’écriture. Cela le conduit à devenir journaliste littéraire pour partager chaque fois son amour pour les livres, ses réflexions sur certaines lectures qui l’ont marquées. Lorsqu’il s’agit d’écrire, il est plutôt porté sur la littérature de combat, celle qui pose un regard acéré sur les conditions de vie des gens, qui dénonce et parle de cette réalité du monde (famine, guerre, trafic d’être humain) qui ne cesse de l’attrister en tant qu’homme. Il s’inscrit dans la démarche qui sous-tend tout acte littéraire, à savoir saisir l’humain sous ses différents aspects et le penser autrement.

Il décroche avec La voie fanée le Premier prix Région Normandie 2023, un concours international d’écriture d’un texte de chanson en français. Ce texte dépeint les conditions de vie de la population haïtienne face aux actes redoutables des bandits qui sévissent dans la capitale. Un texte qui fait penser à tous les gens qui ont perdu un membre proche de leur famille ou qui ont été victime d’une façon ou d’une autre de la montée de l’insécurité en Haïti. Jean Pierre Léonard Charles tenait à exprimer cette rage de vivre qui anime toutes les personnes vivant sur cette île. En dépit de la pauvreté ou des balles perdues, ils réussissent toujours à garder le cap sur l’espoir, sur l’avenir. Ce constat, décrit à partir d’une écriture-chaos, parle d’un quotidien mortifère, lequel quotidien qui arrive à engendrer, on ne sait par quelle acrobatie, ce désir de vivre propre au peuple haïtien.

Âmes Infernales est son premier roman qu’il a choisi de venir écrire à la Villa Saint-Louis Ndar. L’écrivain se penche sur les questions liées au deuil, au suicide et aux crises familiales. Il se lance dans l’écriture d’une fiction qui revient sur un drame procédant d’une mise en demeure du collectif sur la vie d’une femme. L’envie irrépressible d’écrire ce roman survient lorsque Léonard apprend le suicide d’une femme à qui l’on avait refusé le droit d’aimer, refus motivé par l’âppat du gain. En effet, avant son suicide la jeune femme, étudiante à la faculté de Droit en Haïti, a écrit une lettre dans laquelle sa famille et son copain d’alors sont pointés du doigt comme étant le cadre heuristique d’où part l’explication de son geste. Il y a cette pression sociale qui y est décrite, cette pression qui tue la part d’individualisation de la jeune femme, qui l’empêche de s’épanouïr comme elle l’entend sans ce qu’impose arbitrairement la société à partir des entités chargées, si on veut, de garder une cohésion sociale. Ce projet romanesque se nourrit de cette histoire pour comprendre l’impact des décisions d’autrui sur soi et également le rôle que joue la femme dans les familles en grande situation de précarité, ou plus précisément le rôle que doivent jouer les jeunes filles haïtiennes pour subvenir aux besoins des siens. Dans quelle mesure pouvons-nous nous impliquer dans la vie de l’autre ? Que peut-on attendre de lui ? Dans l’acte de survie, comment construit un projet d’humanité commune ? Telles sont les préoccupations centrales de cette œuvre-effroi qui tire la sonnette d’alarme de l’ampleur des pressions sociales sur les femmes.

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