Gad Bensalem résidence Villa Ndar

Gad BENSALEM

Sakay
En résidence en décembre 2025
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Gad Bensalem, de son vrai nom Rakotomanga Tokiniaina, est auteur pour le théâtre, poète-slameur, metteur en scène et comédien. Il fait ses débuts en 2009 à l’École normale supérieure d’Antananarivo (Madagascar) et s’impose rapidement comme un auteur francophone profondément malgache. Évoluant entre Antananarivo et La Réunion, il collabore avec la Compagnie Miangaly Théâtre et la Compagnie Karanbolaz, donnant naissance à sept créations depuis 2016. Très actif au
sein du réseau théâtral francophone, il développe ses projets à la fois à l’échelle régionale (Afrique et océan Indien) et internationale (France, Suisse, Belgique). Il construit dans ses œuvres une écriture fortement ancrée dans les histoires et les mémoires des territoires de l’océan Indien, mêlant Histoire, imaginaire et poésie. Lauréat du Prix RFI Théâtre 2024, il a été salué pour sa capacité à faire dialoguer mémoire individuelle et grande Histoire, donnant voix aux silences et aux invisibles.

Son texte Enfant remporte le Prix Théâtre RFI en 2024 et a été lu au Festival d’Avignon 2025. Cette pièce explore la fragilité de l’enfance confrontée à des contextes sociaux et politiques difficiles. Entre récit et poésie, l’œuvre révèle les silences et les absences qui traversent la vie humaine, faisant entendre ce qui reste souvent inexprimé. Enfant suit Doda, un routier malgache qui parcourt sans fin la RN44, une route cabossée qui traverse un pays en crise. Orphelin élevé par sa grand-mère, il n’a jamais renoncé à retrouver son père disparu. À chaque passage, il s’arrête à l’Épi-bar d’Ankodahoda, tenu par Claudette, une femme qu’il aime en silence. Un jour, elle lui dit avoir aperçu un homme qui pourrait être celui qu’il recherche, ravivant en lui l’espoir et la douleur des origines. À travers les voix croisées de plusieurs personnages, la pièce devient un voyage intérieur, un « road-movie » théâtral où se mêlent solitude, mémoire familiale et blessures d’un pays fracturé. La langue, à la fois poétique et directe, dévoile ce qui reste tu : les absences, les renoncements et la nécessité, malgré tout, de
continuer à avancer.

Pour sa résidence à la Villa Ndar, Gad Bensalem s’intéresse à l’histoire méconnue des Réunionnais de la Sakay. Entre 1952 et 1977, des immigrés réunionnais s’installent dans la vallée de la Sakay à Madagascar dans le cadre d’un ambitieux projet agricole et politique visant à créer une ville nouvelle, Babetville, du nom de Raphaël Babet, député réunionnais à l’origine du programme. Pour des raisons politique, le projet sera brusquement abandonné et le sort de l’enclave devient une affaire d’État, laissant des vies en suspens et des mémoires à reconstruire. À travers ce projet, le dramaturge malgache propose une écriture croisée entre La Réunion et Madagascar, restituant les voix silencieuses de cette enclave oubliée et explorant les effets de la dépossession dans les deux territoires. La rivière Sakay devient narratrice et témoin, sa voix mêlant chant, plainte et prière, parcourant les fleuves Mahajilo et Tsiribihina pour se jeter dans le canal de Mozambique, entre Afrique et Europe, mémoire et horizon.

En s’éloignant de l’approche strictement documentaire, Gad Bensalem développe une esthétique du conte indianocéanique, mêlant théâtre et récit poétique. Artiste-compagnon de la Compagnie Karanbolaz depuis 2019, Gad Bensalem travaille sur ces questions avec le conteur Sergio Grondin, en posant un regard croisé sur les relations entre Madagascar et La Réunion tant au niveau humain que politique. Sa résidence à la Villa Ndar offre un espace de création et de réflexion où mémoire, identité et lien entre territoires se rencontrent, donnant vie à une dramaturgie profondément humaine, sensible et plurielle.

Résidence en partenariat avec le Prix RFI Théâtre.

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