Eléa Sajous est une danseuse, chorégraphe et écrivaine basée à Tanger. Formée en danse contemporaine, interprétation et écriture chorégraphique au sein de la compagnie Cobosmika en Espagne. Elle est aujourd’hui interprète au sein de Hna-Ya, une compagnie de danse contemporaine marocaine, dirigée par Said El Haddaji. Ils viennent de finaliser leur dernière création Pas le Temps pour le Temps et en parallèle, Eléa s’est engagée dans une nouvelle pièce Egg on a plate en cocréation avec Sandrine Baratay. Par ailleurs, Eléa Sajous est jeune auteure qui s’est elle-même plongée dans la poésie depuis son plus jeune âge, en commençant, sans le savoir, à pratiquer l’écriture automatique dès qu’elle a su tenir un stylo. Son écriture est empressée, percussive. Elle combine ces deux arts pour tenter de dompter à la force de l’encre, du papier et de la danse un monde qu’elle ne maîtrise pas.
Sur ce projet GAP, elle collabore avec Yassine Abouhamid, un cinéaste et photographe autodidacte marocain qui a commencé son parcours avec un intérêt pour l’art et les arts visuels en général. Sa philosophie est axée sur le partage et la création avec la jeune génération de change-makers qui cherche à poser des questions pour comprendre de nouvelles perspectives dans une société contemporaine, ainsi que de nouvelles façons de s’exprimer. Il s’engage dans des créations documentaires telles que « Sensing Rooftops », une comparaison culturelle entre les Pays-Bas et le Maroc, ou encore des courts-métrages de danse, comme « Bend » ou encore « Crushing Loudly on the Rocks ». Le troisième intervenant dans ce projet est Zakaria Bouras un jeune guitariste marocain qui, depuis 2022, sillonne les espaces urbains pour renforcer l’idée que sa musique est fortement impactée par l’environnement dans lequel il la joue. Au fil des années, en jouant dans plusieurs paysages urbains, il affine peu à peu sa compréhension de ce qui le lie à son auditoire, à l’architecture, aux sons et aux odeurs autour de lui. Zakaria Bouras a une approche de la musique basée sur l’improvisation et la relation à l’instant, la spontanéité et la connexion au public.
GAP, qui réunit ces trois artistes, est un projet artistique multidisciplinaire explorant les sentiments de connexion et de déconnexion à soi et au collectif. Ce projet, qui affiche un équilibre dans la pluridisciplinarité (danse, vidéo, musique et poésie) est en réalité une étude artistique du rôle du lien dans nos sociétés. Il convoque plusieurs points de vue, différents médiums et supports pour traduire ce sentiment de détachement des émotions, des pensées et des sentiments, ou même détachement de l’autre. Dans ce projet, la pratique artistique et le processus de création sont au service de la question soulevée et des savoirs qui l’encadrent. Les différentes disciplines interagissent ainsi au fil du spectacle afin d’analyser et de dépeindre ce sentiment et ses dynamiques, mais aussi afin de questionner plus profondément nos mœurs et habitudes collectives. L’objectif ultime est de créer un spectacle qui conduise au dialogue sur cette problématique en offrant une expérience artistique au public.




