Cédric Bogino est un réalisateur et cinéaste originaire du Rwanda et vivant en Guyane française. Sa narration visuelle interroge les héritages culturels et les enjeux sociaux contemporains. Soutenu par plusieurs institutions, ses courts-métrages Titre Provisoire et Ego.aux ont été diffusés à travers différents festivals. Vanessa Van de Walle est une archiviste et chercheuse guyanaise spécialisée dans l’histoire du bagne en Guyane. Elle est investie dans la conservation, la valorisation et la transmission du patrimoine par le biais de publications. Ensemble, ils s’intéressent particulièrement à la mémoire des figures oubliées de la période coloniale, en explorant les récits d’exil, de résistance et de survie. A travers une approche documentaire et artistique, leur travail questionne la manière dont les individus ont contourné ou affronté les systèmes de dominations, en usant de stratégies de résilience et d’adaptation.
Dans le cadre de leur résidence à la Villa Saint-Louis Ndar, Cédric Bogino et Vanessa Van de Walle travaillent à la réalisation d’une bande dessinée basée sur des faits réels. Leur sujet porte autour de Samba Niouck, dit Samba Alamine, un Sénégalais déporté en Guyane en 1858 pour avoir défié l’autorité coloniale. Samba Alamine incarne une trajectoire exceptionnelle, marquée par l’intelligence, la ruse et la capacité à naviguer entre différents statuts sociaux. Son histoire s’illustre entre la région du Walo et celle de Guyane, explorant des thèmes comme le commerce colonial, l’engagisme africain, les conditions de bagne et les résistances administratives face à la colonisation.
À travers cette œuvre documentaire, Cédric Bogino et Vanessa Van de Walle tissent un lien post-esclavage insoupçonné entre l’Afrique et l’Amérique du Sud et nous proposent par la valorisation de cette petite histoire, celle d’un africain oublié, d’illustrer un pan méconnu de la grande histoire, celle du lien entre les colonies françaises au XIXe siècle. L’image et le récit se mettent donc au service d’un de ces millions de déportés outre-Atlantique pour faire revivre un passé complexe, qui n’attend qu’à être mis en lumière.
Leïla OLIVESI
Résidence en mai 2026




