Géej : nous irons danser sur les vagues est un projet de regards croisés de part et d’autre de l’océan Atlantique pensé et porté par la réalisatrice sénégalaise Awa Moctar Gueye et la réalisatrice française Elsa Gomis. Ces deux cinéastes collaborent sur ce projet avec le chorégraphe sénégalais Bamba Diagne et la chorégraphe française Johanna Classe.
Awa Moctar Gueye est une jeune cinéaste diplômée de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal qui s’est distinguée dans le monde du cinéma par une filmographie dense mêlant techniques documentaires et fiction. Elle a récemment réalisé un documentaire au Japon en collaboration avec la réalisatrice Naomi Kawase, et son nouveau film intitulé « Timis » a été sélectionné à la Berlinale 2023. Quant à Elsa Gomis, elle est une réalisatrice, artiste visuelle et chercheuse en études cinématographiques. Elle enseigne le cinéma européen à la faculté de langues médiévales et modernes de l’Université d’Oxford. Ses travaux ont notamment été présentés au Musée d’Art Contemporain de Valencia, à l’Université d’Oxford et à Harvard. Ses films ont été projetés au Festival du film indépendant de Beyrouth, à la Maison Européenne des arts de Haute Bavière et à la Nuit Blanche Paris. D’un autre côté, Bamba Diagne est un danseur-interprète en danse traditionnelle et contemporaine formé par Germaine Acogny et Mathilde Monnier. Enfin, Johanna Classe est une artiste pluridisciplinaire formée en danse contemporaine, en danse afro-contemporaine et en théâtre corporel. Titulaire d’une formation en choréologie Benesh certifiée par le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, elle met ses inspirations chorégraphiques au service du théâtre, des danses du Brésil et des projets artistiques à destination de publics amateurs ou spécifiques.
Ce projet qui réunit ces quatre univers, quatre visions, quatre sensibilités, raconte par la danse et par le film l’histoire de deux attentes, celle d’un groupe d’adolescents français réuni pour un camp d’été qui vient de perdre un ami emporté par une vague et celle d’Ousmane, un musicien sénégalais parti tenter l’aventure en Angleterre avec son meilleur ami dont le bateau ne revient pas. Émergent alors ces questions : comment écrire un film dansé ? Quelle priorité donner à chaque instant du récit à la voix off, aux mouvements du corps et aux images ? Comment conjuguer la gestuelle des danseurs et de la caméra pour représenter et dire l’irreprésentable ? Comment témoigner de ces courageuses odyssées sans tomber dans le misérabilisme et dans la commisération ? Les matériaux de travail commun pour l’écriture collective sont constitués des fruits de recherches doctorales sur l’imaginaire collectif des migrations, de documentaires qui rassemblent des témoignages de personnes ayant fait l’expérience de l’exil. À cela s’ajoute le recueil de l’avis d’habitants sur la migration, les raisons profondes de ces mouvements de masse et les conséquences sur les relations entre les personnes parties et celles qui restent. L’écriture scénaristique, filmique et chorégraphique de « Geej : nous irons danser sur les vagues » s’oriente vers une création qui s’éloigne d’un pamphlet politique pour présenter une histoire de deuil partagé duquel naissent révolte et solidarité.




