Anaël Alaoui-Fdili née en 1999 à Caen en Normandie, est une artiste pluridisciplinaire Franco-marocaine. Diplômée du DNSEP à l’École nationale supérieure d’art de Bourges en 2024, sa pratique s’articule autour du futurisme et des outils numériques comme un ressort fictif et plastique. Ancrant ses œuvres dans des préoccupations à la fois personnelles et géopolitiques, Anaël Alaoui-Fdili puise souvent l’inspiration de récits intimes et parfois privés, mais aussi d’événements historiques et des phénomènes sociaux contemporains. Du singulier au pluriel, ces anecdotes lui servent de points de départ pour la conception d’atmosphères immersives et d’espaces sensoriels, invitant le public à se déplacer, à explorer et à prendre part à l’univers. À travers son art, elle propose une lecture hybride entre réel et virtuel.
« Futur Is Ours” est un projet hybride mêlant sculpture, vidéo, peinture ou encore installation numérique. Comme son nom l’indique, il met en lumière des futurs possibles, inspirés des mythes et traditions vernaculaires. Ici, Anaël Alaoui-Fdili invite à réfléchir au caractère prémonitoire de la spéculation. Le pouvoir de la fiction futuriste sur l’imaginaire collectif. Discuter et réfléchir à notre façon d’envisager nos futurs, mais aussi aux problèmes sociaux actuels et à notre rapport aux passés coloniaux sur lesquels reposent nos histoires. Se laisser emporter par l’imagination d’un avenir utopique, c’est déjà le faire exister en tant qu’idée, et c’est à partir des idées que le réel se forme. Son travail propose un dialogue entre mémoire et imagination, où les récits historiques et les visions futuristes se rencontrent. « Future is Ours » s’inscrit dans une démarche de transformation collective, où l’art devient un espace de questionnement et de ré-appropriation des options du futur, entre utopie et réalité tangible. C’est bien de cela dont il s’agit dans son court métrage “Ëllëk Sunnu” qu’elle réalise parallèlement à son travail plastique à la Villa Saint-LouisNdar. Elle y raconte l’histoire de deux amis, liés depuis l’enfance par une relation virtuelle. L’un à Sebta, au Maroc, l’autre à Saint-Louis, au Sénégal. Dans un monde futuriste où les continents sont auto-suffisants, la traversée de la Méditerranée est vaine et ne se fait plus depuis plusieurs siècles déjà. C’est quand l’un d’eux décide de quitter la terre pour explorer les eaux, que le second perd pied, confronté à lui-même, il va devoir s’ouvrir au monde qui l’entoure dans l’attente de retrouver son ami. « Ëllëk Sunnu », L’avenir nous appartient, tend à interroger notre monde contemporain et les rapports bâtis entre les humains, la nature et la spiritualité. Pour les Africains et les jeunes issus de leurs diasporas, il s’agit de s’approprier une vision de l’avenir : un avenir heureux.




